Bayard, village englouti

Deux dames sont venues à l'école nous parler de Bayard : Mme Roques et Mme Mazon. Elles sont nées à Bayard et elles ont vu leur village démoli pour la construction du barrage de Villefort. Elle gardent un souvenir de bonheur, à la campagne. Bayard était à l'abri du vent...
Elles l'appelaient "le petit Nice, même les figuiers poussaient ! ".
Mme Mazon pense que ses parents ont été très malheureux de quitter Bayard pour aller vivre à Villefort même si on leur avait donné de l'argent ou un terrain.

Beaucoup de paysans y habitaient. Il y avait 12 habitants, pas de mairie, pas d'église, pas de poste, pas de commerces, pas de cimetière... une école, très petite. Elle contenait 14 élèves. Les gens du village allaient à pied à Villefort...  Dès qu'elles arrivaient de l'école elles allaient aider leurs parents.
 

Le barrage de Villefort en construction en
1962 .On distingue, sur la gauche,

quelques maisons du village de   Bayard.

(Photo extraite du livre "Bayard" de William Reboul)


 
 Ce qu'il reste du village de Bayard visible lors 
d'une vidange : le pont et le moulin à grains.
On voit le barrage qui se dresse derrière.
 (Photo extraite du livre "Villefort au début du siècle" 
association Terre Cévenole) 


Deux poèmes sur Bayard
(Textes  extraits du livre "Bayard" de William Reboul)


Mémoire de Bayard

Depuis la route 
Qui me conduisait 
De Nîmes au Bleymard,
Je vis grandir le barrage de Villefort. 

Au même moment 
Niché au fond de la vallée, 
Le hameau de Bayard résistait.

Il savait 
Que les exigences du progrès 
L'emporteraient. 

Si les eaux 
De l'Altier et du Morangiès 
Ont englouti Bayard 
Son souvenir 
Demeure 
Et sa mémoire 
Veille. 

(Janine Bardou)

La Bayardelle 

Je suis née à Vil'fort 
Au pied des contreforts 
Du Mont Lozère où poussent les myrtilles 
Où j'ai grandi au sein de ma famille 
Un jour les ingénieurs 
Ont porté le malheur 
Ils ont noyé mon village natal 
Nous ont fait bien du mal. 
Il n'pass' plus d'autocars 
Sur les ponts de Bayard 
Qui sont noyés pour le reste du temps 
Au fond du lac ils dorment longuement 
Et moi depuis ce temps, 
Je vieillis calmement 
Tout en gardant un moral épatant 
Bien que passent les ans. 
Quand on voit revenir 
Les beaux jours de l'été 
On se souvient de ce beau temps passé 
Dans ce vieux coin que l'on a tant aimé 
Nous voici réunis 
Pour fêter aujourd'hui 
En se disant : « il n'est jamais trop tard 
Les Anciens de Bayard ». 

(Agnès Roque, une Ancienne de Bayard)